CATASTROPHE
Lundi matin toute la famille se rend à l’atelier. Les Maîtres se mettent au travail. Tilt s’effondre dans son panier car le manque de sommeil commence à se faire cruellement sentir. Depuis quatre jours il ne dort que d’un œil afin de surveiller « l’intrus ».
L’Intrus justement semble être sorti de son état contemplatif et cherche visiblement un endroit où s’installer. Il reste un peu ici, un peu là mais ça ne va pas… il repart, tend le cou, se hausse sur les pattes arrières, se faufile entre les meubles sans trouver l’abri qui convient.
A l’heure du repas Bingo est introuvable.
Il ne connaît pas encore son nom et le bruit des croquettes versées dans un plat ne le fait pas venir, c’est normal puisqu’il a mangé et bu juste avant de disparaître. Une chose est sure, il n’a pas pu s’échapper dehors. Il est dans l’atelier.
Après avoir fouillé les bureaux au premier étage, on fouille l’atelier.
Après quarante cinq minutes de recherches infructueuses les Maîtres ne savent plus où chercher. Tilt ne contribue pas à cette recherche. Pensant qu’il s’agit d’un nouveau jeu, il apporte joyeusement un à un tous ses jouets.
Un problème se pose. Comment faire les livraisons puisqu’on ne peut pas ouvrir la porte du garage afin de sortir la camionnette ? Si on ouvre la porte, le chat va en profiter pour se sauver dans la nature.
On a cherché dans et sous la camionnette mais pas dans le moteur. Bingo est là, paisiblement endormi sur la courroie de transmission. A l’instant où il va être saisi, réveillé en sursaut il se sauve dans l’atelier. Obéissant à un réflexe stupide, tout le monde, Tilt compris, se lance à la poursuite du chat qui est pris de panique. L’animal affolé court dans tout le local, le bruit des objets qu’il fait tomber lui font croire qu’on lui jette des projectiles, il accélère sa course, il ne voit plus où il va, il se heurte au pied d’une table et s’écroule sur le sol. Tout le monde s’immobilise. D’un tour de reins le chat se rétablit, reprend sa course folle et disparaît sous des cartons.
Les recherches reprennent, le plus silencieusement possible autour de la camionnette. Le chat est là, haletant, blotti sur l’essieu arrière. Quand il comprend qu’on va l’attraper, il s’introduit de nouveau dans le moteur se rendant insaisissable.
La pauvre bête respire difficilement, les oreilles plaquées contre la tête, il regarde fixement devant lui signifiant que rien ne la fera sortir.
Une heure plus tard, la tension retombée, en ouvrant délicatement le capot qu’on avait pris la précaution de ne pas fermer complètement, il suffit de saisir le chat qui est remonté en surface dans un endroit plus confortable pour dormir.
Ce chat n’a plus rien de commun avec le gentil Bingo. Il ne reconnaît plus sa famille d’adoption. Il se croit en milieu hostile.
Il jette des regards terrorisés sur tout, sursaute au moindre bruit, se recroqueville au moindre mouvement.

Tout le travail d’approche des quatre jours précédents est anéanti. Pire, il a peur alors qu’avant il se contentait d’observer avec méfiance.
C’est une catastrophe !
Le début de l'histoire du Chat
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