PROMENADE DE CHIEN
Dimanche, je promenais Tilt dans le parc de Créteil. Un Yorkshire s’approche et agace Tilt en tournant autour de lui, le reniflant et faisant de petits bonds. Je tiens Tilt serré contre ma jambe en attendant que ses maîtres, un couple qui avance dans ma direction rappelle son chien.
Il n’en est rien. Le couple me dépasse, indifférent au fait que j’ai toutes les peines du monde à retenir Tilt alors que le York continue à l’agacer.
Bon, puisqu’ils ne se sentent pas concernés, je donne du mou à la laisse. Tilt bondit. Les deux chiens se poursuivent joyeusement quelques secondes.
Le York entraîne Tilt en direction de ses Maîtres. Les deux chiens leur coupe la route.
La jeune femme se retourne et furieuse dit : « Vous ne pouvez pas tenir votre chien, non ! »
Je réponds : « Et vous, ne pouvez-pas tenir votre chien en laisse, non ! »
A ce moment l’homme que je n’avais pas regardé, fait un pas vers moi, les yeux haineux, les poings serrés tendus dans ma direction et me traite d’imbécile (en réalité il utilise d’autres termes).
A sa façon de s’exprimer et de gesticuler, je vois que cet homme a visiblement pris quelques verres de trop et son visage indique que cela n’a rien d’exceptionnel.
Je comprends que si je réponds un seul mot, il va me frapper. Je ne peux espérer aucun secours extérieur, nous sommes seuls. J’attends sans rien dire que le couple s’éloigne pour repartir.
Je pense que l’incident est clos mais l’homme qui continue tout en marchant à faire de grands gestes et à m’insulter, lâche sa compagne qu’il tenait pas le bras et se dirige vers moi.
Je m’apprête à détaler quand il s’arrête devant le York tapi au sol, et shoote dans la petite boule de poils qui sans un cri vole à un mètre de là.
Les larmes me montent aux yeux. Que faire ? l’homme est costaud… lâchement je garde les distances (il ne faut surtout pas que le petit chien vienne vers nous) dès que c’est possible, je change de direction.
Je ne suis pas fière d’avoir fui mais je n’ai pas trouvé d’autres solutions.


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